Najat Vallaud-Belkacem : la stratégie de l’échec

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Alors que son projet de loi soumettant les écoles hors-contrat à une autorisation préalable a été rejeté par le Conseil constitutionnel, Najat Vallaud-Belkacem a tenté de rejeter la faute sur ses opposants. Comment échouer peut-il faire partie d'une stratégie ?

Ce projet de loi proposé par Najat Vallaud-Belkacem visait à soumettre les écoles hors-contrat à un contrôle a priori : pour ouvrir une école, il aurait fallu demander – et recevoir – une autorisation auprès des autorités compétentes. Nous sommes nombreux à nous être levés contre cette proposition qui bafouait tout simplement la liberté scolaire, principe pourtant constitutionnel. Des parlementaires de l’opposition ont donc soumis ce texte au Conseil constitutionnel, qui l’a tout naturellement rejeté.

Mercredi 8 février, la Ministre était à l’Assemblée pour répondre aux questions des députés. Interrogée sur le sujet, elle s’est livrée à un superbe numéro d’enfumage. En substance, elle a accusé l’opposition de double-discours : d’un côté, les députés de droite se plaignent de la multiplication des écoles coraniques, au sein desquelles les principes Républicains sont trop souvent bafoués ; de l’autre, ils s’opposent à un texte de loi qui permettrait d’entraver ce développement.

Ce sont donc eux, députés d’opposition, qui seraient responsables, selon la Ministre, de cet échec. Premier mensonge : c’est elle seule qui est responsable de cet échec, puisqu’elle a proposé un texte anticonstitutionnel.

Qu’importe le bien des enfants à l’approche d’une échéance électorale ?

Bien entendu, Najat Vallaud-Belkacem a réaffirmé que sa proposition était la seule capable de lutter contre ces écoles. C’est évidemment complètement faux : l’arsenal législatif existe, qui permet de faire fermer les écoles ne répondant pas aux exigences de l’État. Peut-être faudrait-il en effet renforcer ces dispositifs et donner à la Justice plus de moyens pour traiter ces cas en urgence. Mais il n’était absolument pas indispensable d’aller aussi clairement à l’encontre de la liberté d’enseignement.

Deuxième mensonge : cette proposition n’était pas du tout la seule possible, au contraire, c’était la seule à ne surtout pas faire.

A quoi joue donc Madame Vallaud-Balkacem ?

Elle fait de la politique. Elle savait très bien que l’opposition présenterait ce texte au Conseil constitutionnel ; elle savait très bien que ce dernier le refuserait.

Mais pendant plusieurs mois, elle a donné l’impression qu’elle agissait contre un vrai problème qui menace gravement la cohésion nationale. Et aujourd’hui, elle peut accuser l’opposition d’empêcher une loi indispensable, se dédouanant ainsi de son immobilisme au détriment de ses opposants politiques.

Pendant ce temps, ce sont les enfants qui sont dans ces écoles qui trinquent…